Default Settings – Plastic #1

In 2020-21, I co-designed and piloted an experimental storytelling project called ‘Default Settings’ through Marco Polo Project, with Matthew Ziccone as co-designer, Maddy Bean as producer, and Kay Stavrou, Declan Fry and Xueqian Zhang as associate storytellers. Default settings is an experimental creative project exploring questions of reflectivity, discourse, polyphony and audience agency. It invites a digital audience and a small cast of diverse associate storytellers to reflect on the various intersecting story-worlds that they inhabit, and stretch their capacity to create a common world by interweaving different stories, stemming from different traditions.

Default settings presents five storytellers, sharing stories in five parallel zoom breakout rooms. The audience moves room to room every two minutes, then takes part in a facilitated reflection to make sense of the experience. The only constraint for storytellers was a strict 22 minute time limit, and using the keyword ‘plastic’ for inspiration. The experiment involved playing with different languages: it was a chance for me to embrace my new digital persona as ‘calm, original and gently shady’, and go back to writing in French. I ended up writing a long philosophical reflection on the theme, in 11 parts, which I will share in 11 short posts.

J’essayais d’écrire une histoire, mais au lieu de ça, je me suis laissé distraire. Avant de faire du neuf, j’ai voulu comprendre les origines de tout ce qui était déjà là. Par exemple, la table sur laquelle j’écris : c’est une table en formica, imitation bois. Mais qui est-ce qui a dessiné le bois ? Les lignes qui marquent l’âge, les nœuds, qui les a placés? Qui est-ce qui les a tracées ? La couleur du bois, qui est-ce qui l’a choisie ? Qui est-ce qui les a imprimées sur le formica? Où est-ce que la table a été moulée? Et qui est-ce qui a transporté la matière première pour fabriquer ce formica? D’ailleurs, à la base, le formica, c’est quoi, c’est du plastique?

Un livre de Victor Pelevine m’est revenu en mémoire. C’est dans la Mitrailleuse d’argile je crois, ou peut-être homo zapiens, je ne sais plus. Un roman qui peint l’apocalypse psychédélique de la Russie post-communiste. Au début du roman, je me souviens d’une scène, un enfant riche, fils de magnats du pétrole, dans la Mercedes de ses parents, se met à penser à l’essence qui fait avancer la voiture. C’est de la matière organique, pense l’enfant, un stock de matière organique très ancienne, accumulée. Des carcasses de dinosaure en décomposition. Et cet enfant, du moins si je me rappelle correctement la scène, se met à rêver qu’il n’est pas dans une voiture allemande, mais dans un char trainé par un brontosaure, un tyrannosaure, un diplodocus – et qu’il parcourt ainsi les rues de Moscou.

Et tandis que j’essaie d’imaginer la forme de mon histoire, mon ordinateur posé sur une table en imitation bois, je me demande – est-ce que je ne suis pas comme cet enfant ? Car si le plastique est un dérivé du pétrole, alors cette table est en dinosaure moulé. Je m’entends dire que je suis ‘debout sur les épaules d’un géant’, et je souris. Parce que l’ensemble de notre monde dépend du pétrole – sans jus de dinosaures, tout s’arrête. Et donc, le monde moderne repose sur les épaules de ces géants du passé. Pas un éléphant sur une tortue, donc, mais un mammouth sur un stégosaure. Et de la même façon que nous nous sommes apprivoisés les loups, pour en faire des labradoodles, nous nous sommes apprivoisés les vélociraptors pour en faire du diesel, du nylon, et du PVC.