Default Settings – Plastic #11

In 2020-21, I co-designed and piloted an experimental storytelling project called ‘Default Settings’ through Marco Polo Projectwith Matthew Ziccone as co-designer, Maddy Bean as producer, and Kay Stavrou, Declan Fry and Xueqian Zhang as associate storytellers. Default settings is an experimental creative project exploring questions of reflectivity, discourse, polyphony and audience agency. It invites a digital audience and a small cast of diverse associate storytellers to reflect on the various intersecting story-worlds that they inhabit, and stretch their capacity to create a common world by interweaving different stories, stemming from different traditions.

Default settings presents five storytellers, sharing stories in five parallel zoom breakout rooms. The audience moves room to room every two minutes, then takes part in a facilitated reflection to make sense of the experience. The only constraint for storytellers was a strict 22 minute time limit, and using the keyword ‘plastic’ for inspiration. The experiment involved playing with different languages: it was a chance for me to embrace my new digital persona as ‘calm, original and gently shady’, and go back to writing in French. I ended up writing a long philosophical reflection on the theme, in 11 parts, which I will share in 11 short posts.

Le danger, pour le comédien, c’est l’entropie. Les figures tragiques courent le risque de se voir pétrifiées, prisonnières d’un moule implacable : plutôt mourir que la métamorphose. Le personnage comique, lui, risque de se dissoudre à tel point que plus rien ne reste de lui. C’est l’art qui s’abaisse au trivial, comédie de bas étage, amants dans les placards, ou pétomanes, dont tout l’art consiste seulement à produire du vent. Mots qui flottent, sans rapport au réel, et tout ce qui est solide se dissipe en fumée

C’est un risque aussi pour la société dans laquelle nous vivons, qui creuse et met au jour les richesses du passé, pour le plaisir passager de la consommation. Des stocks de matière organique, accumulés pendant des millénaires, qui s’envolent pour le plaisir d’un instant. C’est l’exubérance joyeuse du gâchis, auquel fait suite une grande mélancolie. Lendemain de carnaval, où les masques et les plumes portés pendant la nuit se retrouvent dans le caniveau, pour finir dans le vortex de déchets du Pacifique, comme les jouets qui nous ont vu grandir, les poupées barbies, les robots transformers, et les dinosaures en plastique.

A moins qu’on ne sache les retenir et s’en servir pour gagner du temps, juste un peu.

Pour élever le niveau du sol, par exemple, et gagner quelques centimètres et quelques années face à la fonte des glaces et la montée du niveau des mers. De même que les fouilles dans les grandes métropoles antiques – Rome, Babylone ou Jérusalem – montrent plusieurs générations de villes superposées, chacune bâtie sur les déchets de la précédente : civilisation qui s’élève sur un amas d’amphores, de temples et d’idôles brisées. Mirage d’un moment, fait de poussière et bâti sur la poussière, mais qui pour un temps du moins se tient là. Est-ce qu’il y aurait moyen d’imaginer ainsi le futur pour nos métropoles ? Elever nos routes en les couvrant d’un matériau composite fait de jouets compressés, Barbies, Transformers et figurines de dinosaures. Recycler les rêves de l’enfance, et leur donner forme utile, pour nous sauver du désastre.

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