Default Settings – Plastic #9

In 2020-21, I co-designed and piloted an experimental storytelling project called ‘Default Settings’ through Marco Polo Projectwith Matthew Ziccone as co-designer, Maddy Bean as producer, and Kay Stavrou, Declan Fry and Xueqian Zhang as associate storytellers. Default settings is an experimental creative project exploring questions of reflectivity, discourse, polyphony and audience agency. It invites a digital audience and a small cast of diverse associate storytellers to reflect on the various intersecting story-worlds that they inhabit, and stretch their capacity to create a common world by interweaving different stories, stemming from different traditions.

Default settings presents five storytellers, sharing stories in five parallel zoom breakout rooms. The audience moves room to room every two minutes, then takes part in a facilitated reflection to make sense of the experience. The only constraint for storytellers was a strict 22 minute time limit, and using the keyword ‘plastic’ for inspiration. The experiment involved playing with different languages: it was a chance for me to embrace my new digital persona as ‘calm, original and gently shady’, and go back to writing in French. I ended up writing a long philosophical reflection on the theme, in 11 parts, which I will share in 11 short posts.

Rire, même sourire, c’est toujours montrer les dents. Plutôt que mordre, je menace. Faisant quoi, je montre mon désir et ma capacité d’habiter un monde civilisé. On critique beaucoup les masques et les sourires faux : moi, je préfère leur rendre hommage. Après tout la retenue – ce que l’anglais nomme parfois passive agressive – n’est-elle pas préférable à l’agression frontale. Certes, un sourire hypocrite est désagréable, mais ne vaut-il pas mieux qu’un œil au beurre noir et les dents cassées ?

Mais j’admire plus encore un rire spontané, sans retenue, qui révèle en toute clarté les ridicules et les vanités du monde. Ce genre de rire est violent, parce qu’il porte un jugement tranché. Ta posture grandiloquente, je la tourne en dérision. Je déboulonne tes statues, je les noie sous l’avalanche de mon fou rire. Je liquide le sérieux derrière lequel tu cherches à cacher ta bêtise.

Il faut une grande flexibilité d’esprit, pour produire un tel rire. Il faut sentir les lignes de failles dans la réalité, trouver du jeu dans les structures du monde, pour défaire les choses avec si peu d’effort. Il faut aussi du détachement, pour accepter que le monde tombe en morceau. Et du courage, pour accepter les conséquences.

Quand la blague est trop directe, ou si l’autre n’en rit pas, elle peut faire des dommages. Le rire cause des hématomes à l’égo, il peut lui fêler les côtes, ou carrément lui briser la colonne et le laisser paralysé. D’où le risque aussi qu’un rire dont l’intention n’était que d’alléger la situation soit, au contraire, le point de départ pour une vendetta sans fin. La digue cède, et c’est la catastrophe. Il est donc important, non seulement de cultiver l’agir comique, mais d’apprendre à recevoir le rire avec grâce. La capacité d’encaisser les blagues est une forme précieuse de la force : notre plus important rempart contre le chaos.

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