Default Settings – Plastic #4

In 2020-21, I co-designed and piloted an experimental storytelling project called ‘Default Settings’ through Marco Polo Projectwith Matthew Ziccone as co-designer, Maddy Bean as producer, and Kay Stavrou, Declan Fry and Xueqian Zhang as associate storytellers. Default settings is an experimental creative project exploring questions of reflectivity, discourse, polyphony and audience agency. It invites a digital audience and a small cast of diverse associate storytellers to reflect on the various intersecting story-worlds that they inhabit, and stretch their capacity to create a common world by interweaving different stories, stemming from different traditions.

Default settings presents five storytellers, sharing stories in five parallel zoom breakout rooms. The audience moves room to room every two minutes, then takes part in a facilitated reflection to make sense of the experience. The only constraint for storytellers was a strict 22 minute time limit, and using the keyword ‘plastic’ for inspiration. The experiment involved playing with different languages: it was a chance for me to embrace my new digital persona as ‘calm, original and gently shady’, and go back to writing in French. I ended up writing a long philosophical reflection on the theme, in 11 parts, which I will share in 11 short posts.

Dans mes voyages, j’ai toujours je crois cherché l’unique, ce dont je ne pourrais pas faire l’expérience chez moi : c’est vrai. Mais plus précisément, je crois, ce dont j’ai toujours été en quête, c’est une sorte d’unique reconnaissable, un unique dont je puisse me souvenir et parler en me servant des mêmes concepts et du même vocabulaire que j’utilise pour décrire mon environnement familier. Quand je voyage, donc, je recherche l’unique habituel, plutôt que l’incomparable ou le radicalement neuf.

C’est comme ça qu’au fil de mes voyages en Chine, je me suis attaché à un certain type de café. Des cafés où j’irais volontiers passer la matinée s’ils étaient à Melbourne ou Paris, mais avec un petit quelque chose de différent, une touche de couleur locale. Et lorsque j’en ai trouvé un, j’aime y retourner, comme en pélerinage.    

A Guangzhou, il y a un café Starbucks, le plus beau Starbucks du monde, à mon avis, sur l’île de Shamian. L’île de Shamian, c’est là que les puissances coloniales, la France et l’Angleterre, avaient leurs bureaux. C’était la zone des concessions, une sorte de Hong Kong intérieur quoi, ou de Shanghai cantonais. Donc, belles maisons coloniales à balustrades, et dans l’une d’entre elles un Starbucks avec des tables sur la terrasse, des grands ventilateurs, et vue sur les arbres géants des tropiques, les frangipanes, et les vieilles dames qui dansent dans la rue. Lorsque je travaillais avec la Suède, et que je prenais souvent l’avion, j’insistais pour m’arrêter deux jours en escale à Guangzhou, où je passais la moitié de la journée dans ce Starbucks, pour lire, écrire et réfléchir.

A Beijing, il y a le ‘Waiting for Godot’, sur la rue qui continue GuiJie, un café pour hipsters pékinois, très sombre, avec des affiches de film et des graffitis sur les murs, une salle à l’avant qui fait plutôt café avec des sandwiches, et une autre a l’arrière, plutôt bar, avec des bières belges. J’y ai passé des heures, à faire ce que je ferais ailleurs, lire, écrire, et revoir des textes  – ou même, en 2016, revoir des épisodes de Gossip Girl, simplement pour me détendre après la conférence des Jeunes Entrepreneurs du G20. A Shanghai, il y a ce petit café sans nom sur Wulumuqi lv, dans la zone de l’ancienne concession française, avec des tables en faux bois, un expresso très fort et très mauvais, où je me suis souvent arrêté, et où j’ai de bons souvenirs. Pareil, j’y retourne toujours quand je suis à Shanghai, je fais même un détour pour y passer, par une sorte de nostalgie.

Ce n’est pas l’exotisme que je cherche donc, pas vraiment, mais plutôt cette extension du domaine familier, cet expansion du connu dans l’inconnu – pour me sentir chez moi partout, jusqu’en Chine. C’est la même impulsion qui m’amenait, quand j’étais étudiant, à faire le grand tour des musées, parcourant l’Europe et l’Amérique du Nord, non pour y découvrir de nouveaux artistes, mais pour m’arrêter toujours devant les Raphael et les Boticelli, les Vermeer, les Rembrandt, et les paysages du Lorrain.

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