Default Settings – Plastic #3

In 2020-21, I co-designed and piloted an experimental storytelling project called ‘Default Settings’ through Marco Polo Projectwith Matthew Ziccone as co-designer, Maddy Bean as producer, and Kay Stavrou, Declan Fry and Xueqian Zhang as associate storytellers. Default settings is an experimental creative project exploring questions of reflectivity, discourse, polyphony and audience agency. It invites a digital audience and a small cast of diverse associate storytellers to reflect on the various intersecting story-worlds that they inhabit, and stretch their capacity to create a common world by interweaving different stories, stemming from different traditions.

Default settings presents five storytellers, sharing stories in five parallel zoom breakout rooms. The audience moves room to room every two minutes, then takes part in a facilitated reflection to make sense of the experience. The only constraint for storytellers was a strict 22 minute time limit, and using the keyword ‘plastic’ for inspiration. The experiment involved playing with different languages: it was a chance for me to embrace my new digital persona as ‘calm, original and gently shady’, and go back to writing in French. I ended up writing a long philosophical reflection on the theme, in 11 parts, which I will share in 11 short posts.

J’avais huit ou neuf ans, et j’étais en visite dans la famille de ma mère en Moselle. C’était à deux heures au plus de Strasbourg, où j’habitais, mais à l’époque, pour moi, ça semblait loin : il fallait traverser les Vosges. Je passais souvent les vacances avec ma grand-mère ou ma tante, à la campagne, entre Metz et Nancy, mais ce jour-là, ma tante m’avait emmené en ville pour déjeuner dans une pâtisserie. Apres ça, on était allé se promener dans les rues du centre-ville, et on s’est arrêtés chez le marchand de jouet.

‘Des Inédits’, j’ai crié devant les transformers, ‘même pas encore vus à la télévision’. Je me souviens que ma tante me l’a répétée cette phrase, pendant des années : ça l’avait faire rire ! Mais pour moi, c’était magique. Ce magasin, dans une vieille rue de cette ville que je connaissais mal, c’était comme un portail vers une autre dimension. J’avais du mal à concevoir qu’il puisse y avoir des jouets transformers qu’on n’ait pas encore vus à la télévision, et donc la seule chose qui puisse faire sens, c’est que Metz soit en avance sur le reste de la France – qu’ils vivent dans le futur, avec des nouveaux robots sur les ondes et dans les magasins. Et bien sûr, je ne saurai jamais si c’était juste une histoire de timing – si par hasard la mise en vente de ces nouveaux robots dans les magasins francais se trouvait coincider avec ma visite à Metz, ou si quelque chose de vraiment magique s’était produit ce jour-là.

Mais l’expérience m’a marqué. Quelques années plus tard, les quelques fois où mon père m’a emmené en voyage à l’étranger, à Londres, en Grèce, je le tannais toujours pour qu’on aille dans les magasins de jeux videos. J’espérais toujours que cette expérience se répète, qu’à l’étranger, je pourrais trouver quelque chose de différent.

Ca continue d’ailleurs, d’une autre manière, à l’âge adulte. En voyage, j’aime visiter les librairies, à la recherche de quelque chose de neuf, d’original, dans une autre langue souvent : des livres qu’on ne trouverait pas dans mon pays, en France, en Australie – des livres en allemand, en grec, en Italien, en espagnol, en chinois. Et c’est en partie pour ça, je crois, que j’ai tant aimé apprendre les langues étrangères : pour la magie de découvrir quelque chose de nouveau, d’inédit.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s